OCDE: Etude économique de l'Islande 2009

Etude économique sur l'Islande 2009

CONTENU*

Dans le contexte de la tourmente financière et de la récession mondiales, l’Islande a été frappée par une crise bancaire d’ampleur sans précédent et l’économie a plongé dans une profonde récession. La crise du système bancaire a été en partie la conséquence de la fermeture soudaine des marchés financiers mondiaux. Mais les stratégies d’expansion agressives des banques islandaises, sur fond de surveillance inefficace, les ont rendues extrêmement vulnérables. Confronté à des événements aux conséquences économiques et sociales potentiellement dramatiques, le gouvernement a sollicité l’appui de la communauté internationale pour son programme d’ajustement à moyen terme afin de rétablir la crédibilité de son action et la croissance économique. Des progrès ont été accomplis vers la mise en ?uvre du programme, mais il reste beaucoup à faire.


Les carences de la surveillance financière révélées par la crise doivent être corrigées. À la suite de leur privatisation en 2003, les banques se sont rapidement développées et sont devenues surdimensionnées par rapport à la taille de l’économie, au point qu’il n’a plus été possible de les renflouer lorsqu’elles se sont trouvées en grande difficulté. En outre, elles sont devenues si complexes et si interdépendantes que les autorités de surveillance financière, avec leurs pouvoirs limités, n’étaient plus en mesure de restreindre efficacement leurs activités. À l’avenir, la stabilité financière exigera un système bancaire plus modeste et plus simple, une surveillance plus rigoureuse et un solide dispositif macro- et micro prudentiel, axé sur les risques à la fois systémiques et individuels.


Pour que la reprise économique s’affirme, il faut que le système bancaire fonctionne de nouveau sans heurts. Dans le sillage de la crise, les autorités ont créé trois nouveaux établissements bancaires et y ont transféré la totalité des dépôts intérieurs et des créances sur les résidents précédemment détenus par les anciennes banques. S’il constitue une solution temporaire efficace, le dispositif actuel n’est pas viable à terme. Les nouvelles banques détiennent des actifs compromis, elles sont surdimensionnées et ne devraient pas rester en permanence dans le giron de l’État. Les autorités devraient prendre les mesures nécessaires pour préparer leur privatisation et devraient encourager les banques étrangères à y prendre part.


La suppression du contrôle des mouvements de capitaux devra commencer dès que possible. Le programme soutenu par l’accord de confirmation avec le FMI a instauré des restrictions sur les flux de capitaux pour éviter des sorties massives, stabiliser le taux de change et protéger les ménages et les entreprises exposés à d’importants risques de change non couverts. Ces restrictions devraient être levées dès que cela sera faisable sans danger, pour permettre la reprise de relations financières normales avec les marchés étrangers.


Si elle devait adhérer à l’UE, l’Islande serait bien avisée de demander à entrer dès que possible dans la zone euro, de façon à profiter de ses avantages économiques. Les politiques monétaires antérieures fondées à la fois sur le ciblage du taux de change et sur les objectifs d’inflation ont produit des résultats peu satisfaisants. En rejoignant la zone euro, l’Islande devrait profiter des avantages de la crédibilité de la BCE, notamment des primes de risque plus basses.


Un assainissement budgétaire énergique s’impose pour remettre les finances publiques sur une trajectoire durable. L’effondrement des institutions financières de l’Islande a alourdi la dette publique, tandis que la récession et la montée des coûts du service de la dette entraînent un creusement considérable du déficit budgétaire. Les mesures budgétaires correctrices devraient continuer d’être appliquées. Initialement, l’assainissement prendra la forme de hausses d’impôts, mais par la suite il faudra augmenter la part des réductions de dépenses. Il existe de larges possibilités de réduire les dépenses de santé et d’éducation sans nuire à la qualité des services fournis, comme indiqué dans les précédentes Études économiques de l’OCDE sur l’Islande.

*Texte tiré du site de l'OCDE



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