17.12.2012

Noël islandais

Comme dans les pays chrétiens Noël est la fête des enfants en Islande. Noël (Jól) y ressemble aux Noëls scandinaves, mais l'Islande a conservé certaines traditions propres.

Le 23 décembre on commence par la célébration de la messe de St. Thorlak (évêque). Le 24, point culminant des festivités, sur le coup de 18h - du moins dans les villes - le menu de Noël se compose ainsi : pudding au riz, raisins et lait, perdrix des neiges rôtie, agneau fumé, gâteau aux pommes et à la crème. Le pudding de riz contient une amande en guise de fève, celui qui la trouve a droit à un cadeau spécial. Toutes les pièces sont décorées avec des bougies, des noix, des pommes, des sucreries etc. Enfants et adultes se promènent autour de l'arbre en chantant des chants de Noël ou encore, comme autrefois, le maître de maison fait la lecture de la bible. Il était mal vu de jouer aux cartes la veille de Noël, le diable viendrait se joindre aux joueurs ...
Mais le jour de Noël, on peut le faire et danser. La coutume veut que l'on célèbre Noël chaque année de la même façon et avec les mêmes personnes, famille ou amis.

Jusqu'au début du siècle les Islandais vivaient surtout à la campagne, où Noël prenait un relief particulier, marquant non seulement un événement religieux, mais le tournant de l'hiver. Autrefois avant l'avènement de l'électricité, l'hiver était rude et dur, les journées d'hiver très longues suscitaient toutes sortes de légendes et d'êtres bizarres. On menaçait les enfants méchants d'être enlevés par Gryla ou Leppaludi, l'une une vraie ogresse, l'autre son mari, effrayant de laideur. Il y avait aussi un chat géant qui dévora les enfants mal débarbouillés, les vaches par magie étaient dotées de parole la nuit de Nouvel An, et malheur à celui qui écoutait, il devenait fou ... De nos jours si l'on glisse un appareil qui enregistre dans l'étable, c'est curieux l'appareil tombe en panne ...

Bien que le Père Noël américain, Santa Claus, ait fait son apparition, il ne réussit pas à chasser les fripons de saison, des lutins espiègles qui commettent des larcins dans les cuisines. Ces treize gnomes étaient les fils de Gryla et Leppaludi, et ils descendaient de la montagne le 13e jour avant Noël et revenaient après Noël jusqu'à la nuit des rois. Ils venaient prendre les enfants pas sages et les provisions de Noël, mais à part ça, étaient inoffensifs. Ils avaient tous un nom :

Stekkjastaur = celui qui guette les agneaux dans l'enclos
Giljagaur = celui qui se faufile par les ravins
Stúfur = petit bonhomme
Þvörusleikir = celui qui lèche les cuillers en bois
Pottasleikir = celui qui lèche les marmites
Askasleikir = celui qui lèche les bols
Faldafeikir = celui qui soulève les jupes des dames
Skyrgámur = celui qui mange le fromage blanc
Bjúgnakrækir = celui qui vole les saucisses
Gluggagægir = celui qui regarde par la fenêtre (voyeur)
Gáttaþefur = celui qui renifle aux portes
Ketkrókur = celui qui vole la viande
Kertasníkir = celui qui quémande des bougies.

Devant les dépenses de Noël grandissantes, récemment un quatorzième larron a fait son apparition, il s'agit de « Kortaklippir », celui qui coupe les cartes de crédit après Noël ...

Mais il y avait aussi des bons génies que la maîtresse de maison, après avoir nettoyé la maison à fond pour les fêtes, invitait : « viennent ceux qui veulent, restent ceux qui veulent, que les autres s'en aillent sans faire du mal aux miens et à moi ».

Le nouvel an est célébré sensiblement de la même manière qu'en Europe : repas et feux d'artifice de Saint-Sylvestre, réunions de famille et d'amis. Une particularité néanmoins, la nuit de Saint-Sylvestre, après avoir ramassé tous les débris des immeubles en construction etc., les enfants des différents quartiers font de grands feux, en essayant de surpasser les autres.

Le repas traditionnel du nouvel an est constitué principalement soit de Lagopède alpin (rjúpa - Lagopus mutus) ou d'une oie.
 



Inspired by Iceland